Ce projet a comme objectif d’améliorer les conditions socio-économiques des ménages vulnérables dans les territoires de Kabare et Walungu au Sud-Kivu. L’introduction de nouvelles activités comme la riziculture et l’apiculture permettent de diversifier les moyens de subsistance des familles.
Description
La promotion des pratiques agroécologiques permet d’augmenter les productions agricoles et de les rendre plus résilientes face aux aléas climatiques. Les nouvelles activités de production ainsi que la création d'associations d'épargne et de crédit facilitent le lancement d’activités commerciales et apportent de nouvelles sources de revenus aux bénéficiaires du projet.
Il comporte également un important volet d’éducation puisque 10 écoles sont partenaires du projet. Au sein de chaque école, 36 élèves (soit 360 élèves pour l’ensemble du projet) sont sensibilisés et formés aux conséquences du changement climatique et à l'agroécologie. Des jardins scolaires sont à cet effet mis en place, permettant aux enseignants et aux élèves de mettre en pratique les formations.
Les femmes sont particulièrement soutenues dans ce projet. Des formations en agroécologie et à l'entrepreneuriat sont destinées aux femmes dirigeantes de groupes de femmes au sein des églises et des organisations communautaires.
Ce projet fait partie du programme « Resilience 360 » que nous menons en partenariat avec plusieurs ONG regroupées dans la plateforme Interaction.
Témoignage
Mon champ n’est plus une loterie, mais une terre fertile !
« Avant de recevoir la formation en agroécologie par FH, mes champs produisaient peu. Je cultivais sans méthode précise et le sol s'épuisait. Sur ma parcelle de 25 m. sur 25 m., les rendements étaient faibles et ne suffisaient pas toujours à couvrir les besoins de ma famille ou à générer un revenu décent. Je considérais l'agriculture comme une source d'incertitude.
Après la formation, j’ai commencé à appliquer rigoureusement les nouvelles pratiques apprises. Au lieu de semer en vrac, j’ai organisé mes cultures, maïs, haricots et manioc, en lignes régulières. Cela m’a permis d’utiliser l’espace de manière optimale, de faciliter l'entretien et d'améliorer la densité de plantation. J’ai appliqué le paillage, j’ai couvert mes sols avec des résidus végétaux. Cela a considérablement réduit l’évaporation de l’eau et donc gardé le sol humide plus longtemps tout en limitant la pousse des mauvaises herbes, ce qui m’a permis de moins sarcler. J’ai utilisé la fertilisation organique, j’ai abandonné les engrais chimiques pour préparer mon propre compost et de l’engrais liquide azoté. Ces intrants naturels ont enrichi le sol en profondeur et renforcé la santé des plantes à moindre coût. Pour lutter contre les ravageurs, j'ai appris à fabriquer et appliquer des bio-répulsifs naturels. Cela a protégé mes cultures sans empoisonner la terre ni ma production.
Les résultats sur ma parcelle sont concrets et mesurables par rapport aux saisons précédentes. Pour le haricot, ma production est passée de 35 kg à 46 kg et pour le maïs, elle a bondi de 47 kg à 67 kg !
J’ai également réduit mes dépenses en intrants (puisque je fabrique mes engrais et répulsifs) et augmenté mes revenus grâce à cette meilleure productivité.
Pour moi, le changement le plus significatif est psychologique et durable : je ne considère plus mon champ comme une loterie, mais comme une terre fertile et fiable.
Aujourd’hui, le sol est plus noir, plus riche et conserve mieux l’humidité, ce qui me donne une grande confiance pour les prochaines saisons. Grâce aux pratiques agroécologiques, j’ai non seulement amélioré ma sécurité alimentaire, mais j’ai aussi appris à protéger mon environnement et à nourrir ma famille avec des produits sains, sans résidus chimiques.
Ce succès a fait de moi un modèle dans la communauté : mes voisins viennent désormais observer mes champs et veulent eux aussi s’imprégner de ces pratiques agroécologiques pour reproduire ce succès chez eux. »
Justin I. fermier modèle, Kabare, Sud-Kivu
Résultats
108 agriculteurs modèles (36 hommes et 72 femmes) ont été formés aux pratiques agroécologiques. Ces paysannes et paysans modèles ont formé à leur tour 1’512 fermiers (302 hommes et 1 210 femmes).
Suite au drainage des marais, les nouvelles terres ainsi libérées ont permis à 500 agriculteurs et agricultrices (400 femmes et 100 hommes) de commencer la riziculture. Ils-elles ont bénéficié de formations au système de riziculture intensifiée.
100 fermiers et 100 fermières pratiquent l’apiculture.
Les formateurs de FH ont été formés à l’élevage des abeilles sans dard (mélipones) à l’ICIPE - le centre international de recherche sur les insectes - au Kenya. Ils ont transmis leurs nouvelles connaissances aux 200 apiculteurs traditionnels. A l’issue de la formation, 200 sites ruches ont été installées et la récolte du miel à grande échelle est prévue au premier trimestre de l’année 2026.
Les dirigeants des associations villageoises d'épargne et de crédit ont été formés à leur gestion et ont reçu des kits de démarrage (caisse, cahiers, etc)
480 femmes et 120 hommes adhèrent aux groupes AVEC.
Sur 20,662.9 $ épargnés, 17,602$ ont été accordés comme crédits.